Annulation d’assemblée générale : l’absence rétroactive de mandat du syndic suffit, sans preuve de grief
Publié le :
24/07/2026
24
juillet
juil.
07
2026
L’anéantissement rétroactif du mandat d’un syndic emporte des conséquences directes sur la régularité des assemblées générales qu’il a convoquées. Par un arrêt du 18 juin 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation (Cass. 3e civ., 18 juin 2026, n° 24-19.231, https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000000000000) rappelle avec fermeté qu’un syndic privé rétroactivement de son mandat est dépourvu de tout pouvoir de convocation, sans qu’il soit nécessaire d’établir un grief.
Un mandat anéanti rétroactivement prive le syndic de tout pouvoir
Un copropriétaire sollicitait l’annulation d’une convocation à assemblée générale ainsi que de l’assemblée tenue en conséquence. Il faisait valoir que le syndic à l’origine de la convocation avait été désigné par une assemblée générale ultérieurement annulée, de sorte qu’il n’avait jamais été régulièrement investi de ses fonctions. La cour d’appel avait rejeté cette demande, retenant l’absence de faute du syndic et de préjudice subi par le demandeur. La Cour de cassation censure cette analyse. Elle rappelle que l’annulation de l’assemblée générale ayant procédé à la désignation du syndic produit un effet rétroactif. Le syndic est alors réputé n’avoir jamais été titulaire d’un mandat valable. Dès lors, il se trouve privé de tout pouvoir pour convoquer une assemblée générale au nom du syndicat des copropriétaires. Il en résulte que la convocation et l’assemblée subséquente sont entachées d’irrégularité du seul fait de l’absence de pouvoir de leur auteur.Aucune démonstration de grief n’est requise
La cour d’appel avait également considéré que l’action en nullité relevait du régime des nullités relatives, subordonnant son succès à la preuve d’une faute ou d’un grief personnel. La Haute juridiction écarte cette exigence. Elle vise l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965 (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000006475060), qui ouvre au copropriétaire opposant ou défaillant un délai de deux mois pour agir en contestation. Dans ce cadre, l’annulation de la convocation et de l’assemblée générale convoquées par un syndic dépourvu de pouvoir n’est subordonnée ni à la caractérisation d’une faute, ni à la démonstration d’un grief. L’irrégularité tirée de l’absence de mandat valable suffit, à elle seule, à justifier l’annulation, pourvu que l’action soit engagée dans le délai légal.Historique
-
Comment le notaire peut-il sécuriser l’acquisition d’un logement destiné à la location touristique ?
Publié le : 26/08/2026 26 août août 08 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeLa sécurisation d’un projet de location saisonnière suppose désormais d’anticiper une formalité supplémentaire. Depuis le 20 mai 2026, le dispositif résultant de la loi du 19 no...
-
Pourquoi l’accord de tous les indivisaires conditionne-t-il la validité du congé pour vendre ?
Publié le : 12/08/2026 12 août août 08 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeEn matière d’indivision, les actes de disposition obéissent à des conditions de consentement strictes. Dans un arrêt du 2 juillet 2026, la Cour de cassation rappelle que le cong...
-
Servitude de passage pour enclave : l’état s’apprécie à l’échelle du fonds entier
Publié le : 29/07/2026 29 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeL’appréciation de l’état d’enclave continue d’alimenter le contentieux des servitudes de passage. Par un arrêt du 9 juillet 2026 (Cass. 3e civ., n° 24-18.493), la troisième cham...
-
Annulation d’assemblée générale : l’absence rétroactive de mandat du syndic suffit, sans preuve de grief
Publié le : 24/07/2026 24 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeL’anéantissement rétroactif du mandat d’un syndic emporte des conséquences directes sur la régularité des assemblées générales qu’il a convoquées. Par un arrêt du 18 juin 2026,...
-
Syndic sans mandat valide : quelles conséquences sur les assemblées générales convoquées ?
Publié le : 15/07/2026 15 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeIl n’est pas rare qu’une assemblée générale de copropriétaires soit ultérieurement annulée. Lorsque cette décision emporte l’anéantissement de la désignation du syndic, se pose...
-
Zéro artificialisation nette : impacts concrets sur la planification et les opérations immobilières
Publié le : 24/06/2026 24 juin juin 06 2026Brèves Juridiques / Droit de l’immobilier et de l’urbanismeL’objectif de sobriété foncière s’impose désormais comme un paramètre structurant des politiques d’aménagement. Consacré par la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte co...